l'amour et la maladie
Il y a quelques mois de ça, j'ai écris un article sur le fait de pouvoir tomber amoureux ou pas de quelqu'un de malade. C'était en mars. Je devais vous dire ce que moi même je pensais de cette grande question existencielle et puis je n'ai pas répondu.
Hier, pendant que j'étais dans la salle d'attente du médecin, cette question revient.
J'étais partie chez le médecin pour une demi-heure maximum juste pour renouveler quelques ordonnances et en même temps lui parler de mes douleurs au mollet gauche.
Et là rapidement, je sais que ma fin d'après-midi va être épuisante parce que le médecin prononce les mots magiques: urgences, examen, pas le temps d'attendre, problème médicament pour la narco pas dans le vidal, revenir tout de suite après avec les résultats mais si problème, autant rester à l'hopital parce que médicament pas dans le vidal...visage du médecin inquiet que je tente de rassurer en lui expliquant que la dernière fois, c'était une suspicion d'AVC, la fois d'avant c'était sclérose en plaques et j'en oublie. Mes visites aux urgences sont une fois sur deux inutiles et que les douleurs devaient avoir une cause amphétaminique.
Me voilà donc partie pour la tournée des salles d'attentes et là, je commence à envoyer des mails et des sms disant que je passe des examens sans me rendre compte que si pour moi c'est une habitude et que je sais qu'on ne trouvera rien, ce n'est pas forcément pareil pour la personne qui reçoit mon sms disant que je passe d'urgence des examens et que ça peut inquiéter.
En y repensant cette nuit, je me suis dit que j'avais beaucoup de chance d'être la malade parce que je ne sais pas si j'aurai la force de voir la personne que j'aime souffrir d'une maladie et ne pas avoir d'autre solution que de rester impuissante face à son mal.
Il y a une énorme différence entre la maladie qui tombe du jour au lendemain sur la personne qu'on aime depuis longtemps et commencer une histoire avec quelqu'un que l'on sait déjà malade, surtout quand on sait que cette maladie restera toute sa vie et que les traitements provoqueront d'autres maladies en plus.
Dès le début, ce genre de relation part avec un énorme handicap et je pense que sans le vouloir il y a une sélection qui se fait. Quand on sait que quelqu'un est malade et que cette maladie ne guérira pas, on met cette personne de côté, sans le vouloir forcément. On la met de côté comme par exemple un hétéro ne sera normalement pas attiré par une personne de même sexe que lui alors que si on réfléchit bien, il y a forcément des personnes du même sexe que nous avec qui on pourrait vivre une très belle histoire, mais c'est juste que comme cette personne est du même sexe que nous, on ne la voit pas comme une possible relation amoureuse.
La maladie est un frein dans une relation amoureuse naissante.
Elle peut foutre aussi une vie de couple déjà existante en l'air parce que la personne malade change forcément à l'annonce de la maladie. Il y a le temps de l'interrogation, du rejet, puis vient le temps de l'acceptation et du deuil de sa vie d'avant.
Je l'ai vécu en ce qui me concerne comme une accélération trop rapide de ma vie. Je ne pouvais plus faire physiquement et intellectuellement ce que j'étais capable de faire quelques mois auparavant.
J'ai eu l'impression de prendre 40 ans en quelques jours. Je faisais de la haute montagne, des glaciers, des sommets et quelques semaines plus tard, il était devenu impossible pour moi de faire 500m sur un sentier tout plat en Bretagne sans trébucher à cause de la fatigue et sans chercher ou m'asseoir à la première occasion.Je pense que ça doit faire mal de voir la personne qu'on aime se dégrader et c'est pour cette raison que je ne dis pas tout à mes parents sur cette maladie parce que pour des parents c'est encore plus dur à supporter.
Hier, pendant que j'étais dans la salle d'attente du médecin, cette question revient.
J'étais partie chez le médecin pour une demi-heure maximum juste pour renouveler quelques ordonnances et en même temps lui parler de mes douleurs au mollet gauche.
Et là rapidement, je sais que ma fin d'après-midi va être épuisante parce que le médecin prononce les mots magiques: urgences, examen, pas le temps d'attendre, problème médicament pour la narco pas dans le vidal, revenir tout de suite après avec les résultats mais si problème, autant rester à l'hopital parce que médicament pas dans le vidal...visage du médecin inquiet que je tente de rassurer en lui expliquant que la dernière fois, c'était une suspicion d'AVC, la fois d'avant c'était sclérose en plaques et j'en oublie. Mes visites aux urgences sont une fois sur deux inutiles et que les douleurs devaient avoir une cause amphétaminique.
Me voilà donc partie pour la tournée des salles d'attentes et là, je commence à envoyer des mails et des sms disant que je passe des examens sans me rendre compte que si pour moi c'est une habitude et que je sais qu'on ne trouvera rien, ce n'est pas forcément pareil pour la personne qui reçoit mon sms disant que je passe d'urgence des examens et que ça peut inquiéter.
En y repensant cette nuit, je me suis dit que j'avais beaucoup de chance d'être la malade parce que je ne sais pas si j'aurai la force de voir la personne que j'aime souffrir d'une maladie et ne pas avoir d'autre solution que de rester impuissante face à son mal.
Il y a une énorme différence entre la maladie qui tombe du jour au lendemain sur la personne qu'on aime depuis longtemps et commencer une histoire avec quelqu'un que l'on sait déjà malade, surtout quand on sait que cette maladie restera toute sa vie et que les traitements provoqueront d'autres maladies en plus.
Dès le début, ce genre de relation part avec un énorme handicap et je pense que sans le vouloir il y a une sélection qui se fait. Quand on sait que quelqu'un est malade et que cette maladie ne guérira pas, on met cette personne de côté, sans le vouloir forcément. On la met de côté comme par exemple un hétéro ne sera normalement pas attiré par une personne de même sexe que lui alors que si on réfléchit bien, il y a forcément des personnes du même sexe que nous avec qui on pourrait vivre une très belle histoire, mais c'est juste que comme cette personne est du même sexe que nous, on ne la voit pas comme une possible relation amoureuse.
La maladie est un frein dans une relation amoureuse naissante.
Elle peut foutre aussi une vie de couple déjà existante en l'air parce que la personne malade change forcément à l'annonce de la maladie. Il y a le temps de l'interrogation, du rejet, puis vient le temps de l'acceptation et du deuil de sa vie d'avant.
Je l'ai vécu en ce qui me concerne comme une accélération trop rapide de ma vie. Je ne pouvais plus faire physiquement et intellectuellement ce que j'étais capable de faire quelques mois auparavant.
J'ai eu l'impression de prendre 40 ans en quelques jours. Je faisais de la haute montagne, des glaciers, des sommets et quelques semaines plus tard, il était devenu impossible pour moi de faire 500m sur un sentier tout plat en Bretagne sans trébucher à cause de la fatigue et sans chercher ou m'asseoir à la première occasion.Je pense que ça doit faire mal de voir la personne qu'on aime se dégrader et c'est pour cette raison que je ne dis pas tout à mes parents sur cette maladie parce que pour des parents c'est encore plus dur à supporter.
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