Mon coté obscur
j'ai longtemps broyé du noir avant de réussir à trouver un coté comique à chaque situation. En fait, je me complaisais inconsciemment dans un état de déprime permanent en me disant que la vie était pourrie et que quoi qu'on fasse, le résultat serait sans intéret. Je n'étais jamais contente, mon sort n'était jamais celui qui me convenait. je voulais tout ce que je ne pouvais pas obtenir, mais sans faire vraiment d'effort pour y changer quelque chose.Je passais mes journées à errer chez moi en trainant des pieds et en disant à tout bout de champs : j'sais pas quoi faire de ma vie...
Tout ça parce que c'est bien plus simple de se lamenter plutôt que de se bouger un peu. Mon mari de l'époque avait toujours la même réponse: ben vis au lieu de te plaindre !!! je savais qu'il avait raison, mais j'avais pas le courage de changer.
Pendant des années, je n'aimais pas mon travail et je ne savais pas comment en changer étant donné qu'il n'y avait aucun travail que j'aurais aimé faire 8 heures par jour pendant 40 ans. je broyais du noir et bien sur inconsciemment j'étais souvent très malade et même souvent hospitalisé pour des petites opérations , pour des maladies qui ne se seraient sans doute pas déclenchées si j'avais moins souhaité avoir de bonnes raisons pour être en arret de travail. Etre en arrêt de travail, me permettait de ne pas travailler sans avoir à culpabiliser en me disant c'est pas de ma faute si je suis malade, je choisis pas...
Mais mon mari, tout comme moi, nous savions que mon inconscient me rendait malade et que si j'avais assez de puissance pour me rendre malade, je devais en avoir autant pour inverser les choses. Il reprenait souvent l'exemple du coté obscur de la force dont il est question dans la guerre des étoiles et il me conseillait d'agir au plus vite car il craignait qu'un jour je me retrouve comme Dark Vador. Il me disait toujours d'arrêter de jouer à ce petit jeu là car un jour je devrais en payer la facture.
La facture est tombée... je suis opérée en janvier 2000 de mon décollement de rétine. Je suis au plus sombre et au plus profond que l'on puisse être du coté obscur. Juste avant que l'on m'apprenne qu'il fallait que je sois opérée d'urgence, les quelques semaines juste avant, je souhaitais réellement mourir. Ma vie me pesait par le peu d'intéret que j'avais pour les choses, pour les autres, pour moi...
On m'opère et alors que je ne vois presque plus rien,en allant à l'hopital pour mes yeux pour une visite de contrôle, je passe devant un magasin de matériels de peinture. J'achète des acryliques alors que je ne sais pas peindre.C'est pas grave. Je commence à dessiner dès mon retour chez moi. C'est un déclic. Je sais ce que je veux faire de ma vie. Je veux peindre. Dès ce moment, plus rien n'existe à part la peinture. La vie reprend le dessus; mon état d'esprit change. Je deviens très optimiste et on ne me reconnait plus. J'ai une force en moi et une obstination incroyable. je serai peintre et personne ne m'en empêchera.Je sacrifie tout pour la peinture.
Le seul petit problème c'est que depuis mon opération, je me sens étrangement fatigué. Je suis parfois prise d'inévitables envies de dormir. au début je ne m'inquiète pas et je me dis que l'anesthésie générale plus la longue période de déprime d'avant doivent être la cause de cette fatigue inexpliquée.
Quelques années plus tard, les symptômes sont de plus en plus présents et le verdict tombe. Narcolepsie, maladie rare auto-immune . Mon organisme refuse de me tenir éveillée. Je vais devoir vivre avec jusqu'à la fin de mes jours, car une fois déclenchée la narcolepsie reste en nous. On ne guérit jamais.
J'ai revu il y a 2 ans un ami qui est très porté sur le cerveau et ses possibilités. Il connait aussi beaucoup de choses sur l'ésotérisme et il a vécu au Népal, essayé là-bas pas mal de médecine parallèle et rencontrer pas mal de " sorciers", appris à maitriser ses rêves...
Lui aussi m'a souvent mise en garde contre certains états négatifs que je semblais très bien maitriser, comme être malade ou devoir subir une opération lorsque cela m'arrangeait.
Quand je lui ai dis ce que j'avais, il n'a pas été étonné. "Sombrer du mauvais coté demande beaucoup moins d'effort que de devenir un Jedi accompli. Tu es un Dark Vador en puissance et tu as beaucoup de chance, car quand tu auras trouvé suffisamment de force en toi pour vaincre le coté obscur, tu pourras utiliser ta bonne énergie pour des choses beaucoup plus intéressantes."
Il me fait toujours confiance; Il est sûr qu'un jour ou l'autre, je trouverai suffisamment de force en moi pour inverser le sens et guérir à tout jamais de cette maladie que j'ai peut-être moi-même provoquée sans m'en rendre compte.
Bizarrement je ne me suis jamais sentie aussi forte psychologiquement que ces derniers mois, malgré une agravation de ma narco ces 2 dernières années.
Je n'ai pas encore trouvé comment agir avec mon cerveau pour que tout rentre dans l'ordre. je ne perd pas espoir.
Elle est pas jolie mon histoire ? Même si ça ne reste qu'une belle histoire, elle a au moins l'avantage de me permettre de garder espoir et au moins je suis heureuse.
Pour la petite anecdote, depuis ce jour mon surnom à la maison est devenu ...
A votre avis, suite à cette histoire c'est quoi mon surnom ? Réponse demain.