Je suis narcoleptique et c'est tant mieux
Hier dans les commentaires, j'ai découvert une nouvelle lectrice et son témoignage m'a touché. Elle est narco comme moi et j'ai eu l'impression en la lisant de me retrouver un an ou deux en arrière. Son commentaire m'a fait prendre conscience du changement de mon comportement par apport à l'acceptation de la maladie.
Comme elle, je m'isolais afin de ne pas rencontrer de gens pour ne pas avoir à justifier ma maladie. Je n'avais plus d'amis car je refusais toutes les invitations et le moindre effort m'épuisait, donc il m'était également impossible d'aller faire du shopping avec des amies comme le faisait toutes les filles de mon âge. Je n'allais plus au cinéma parce que dès que la lumière s'éteignait, je dormais avant la fin du générique du début. Je n'allais plus au restaurant de peur de m'endormir dans l'assiette. Je n'allais même plus à la Fnac parce qu'un jour je m'étais endormie à coté d'une pile de livre et le vigile m'a fait sortir.
Les autres n'acceptaient pas ma différence !
Enfin ça, c'est ce que je croyais moi, jusqu'au jour j'ai compris que la seule personne qui n'acceptait pas ma différence, c'était moi... Et comme je ne m'acceptais pas, les autres n'avaient pas vraiment de raison de me comprendre et de m'accepter comme ça.
Grâce à ce blog, j'ai rencontré pleins de gens et même en vrai, et visiblement ce n'est pas un problème que je sois narcoleptique et que je m'endorme n'importe quand et n'importe ou.
J'ai appris à rire de cette différence et même à m'en servir à mon avantage. Moi qui était assez timide, et qui avait énormément de mal à aller vers les gens, c'est fini, parce que qu'en je rencontre quelqu'un de nouveau, je le préviens tout de suite:" je risque de m'endormir, c'est pas que votre conversation soit ennuyeuse, c'est juste que je suis narcoleptique et que mes neurones ne me permettent pas toujours de rester éveillée, mais bon à vous de savoir après parce que peut-être que finalement votre conversation va m'ennuyer et que c'est la raison pour laquelle je vais m'endormir... " Et en général ça se passe très bien, et le contact est noué.
Ensuite, je trouve qu'il y a parfois des situations marrantes selon l'endroit ou on s'endort et puis j'ai la facheuse habitude de tout tourner à la dérision.
Je ne vais pas nier que cette maladie est extrêmement handicapante, je le sais puisque je la subis et je la maudit tous les jours car elle a complètement boulversée le cours de ma vie (aussi bien dans le mauvais que dans le bon sens).
Mais on ne peut pas demander aux autres d'accepter notre différence tant que nous même ne l'acceptons pas, car dans ce cas, nous sommes les premiers auteurs de notre discrimination.
Je suis narcoleptique ( une jolie narcoleptique qui s'aime ) et je n'ai pas honte.