La fin de ma carrière de comédienne...
Je ne sais plus comment c'est arrivé mais un jour je me suis retrouvée dans une troupe de théatre amateur. C'était à la même époque que mes histoires de musique et de lycée. Nous avions la chance qu'un auteur écrive une pièce juste pour nous. Nous devions juste lui dire quel personnage il nous plairait d'interpréter et lui écrivait l'histoire en tenant compte de nos envies.
Nous étions une quinzaine et à l'époque j'étais très speed, aussi étrange que cela puisse paraitre... Je savais exactement ce que je voulais. Je souhaitais que mon personnage soit un homme de 44 ans, alcoolique parce que sa femme l'avait quitté parce qu'il ne pensait qu'à la musique et qu'il était saxophoniste, je voulais également que l'histoire se passe dans une décharge.
Et là j'ai eu de la chance car j'ai hérité d'un superbe rôle sur mesure ou sans me connaitre, l'auteur avait réussi à faire penser et parler mon personnage presque comme moi, alors qu'il ne m'avait vu qu'une seule fois.
La pièce fut un grand succès et nous devions la présenter au festival d'Avignon mais il nous fallait des sous pour financer tout ça et à l'époque, il n'était pas si simple d'obtenir des subventions.
Nous voilà donc partis faire la manche avec les 4 autres filles des Apaches( notre groupe de nulles de l'époque).
Tout allait bien et nous récoltions pas mal d'argent quand un type très classe et vachement beau s'approche de moi car il avait dû remarquer que je devais être plus ou moins " la chef" et me dit: vous savez que c'est interdit de faire la manche? Je répond avec un air de j'm'en fou, d'ailleurs je lui répond on s'en fou !
Et là mauvaise réponse de sa part... Vous vous en fouttez peut-être mademoiselle mais pas moi, je suis commissaire de police. En plus j'ai bien l'impression que vous êtes mineure...
En plus il avait l'oeil, pas de chance...
Il nous fait la morale sur les choses interdites pendant un bon moment puis nous quitte.
Comme il était tard, je voulais rentrer chez moi et je me mis à faire du stop. Par chance la première voiture s'arrête, la vitre se baisse et j'entend: Et en plus maintenant vous faites du stop!
Comme le monde est petit! Encore le commissaire, qui me refait une fois de plus la morale sur les dangers du stop. Mais il finit quand même par me dire de monter. Non, non ,non, pas question!!! il rêve lui ou quoi? Il vient de me faire flipper avec ses histoires sur les dangers de l'auto-stop. Je refuse de monter, prétextant que c'est pas parce qu'il est commissaire de police que je ne risque rien, en plus il vient de me dire qu'il faut se méfier des gens qui ont l'air sympa ou qui sont bien habillés et tout et tout!!! Je refuse catégoriquement de monter.
Bon finalement je suis quand même montée parce qu'il m'a dit que si je montais pas il m'emmenait au commissariat.
Nous n'avons plus jamais eu le courage de refaire la manche pour récolter l'argent nécessaire pour le festival d'Avignon.
Voilà comment j'ai mis un terme à ma carrière de commédienne...