A l'atelier
Samedi, j'ai repris le chemin de l'atelier de peinture, hyper motivée et bien décidée à empêcher la narco de me pourir la vie.
Me voilà partie avec tout mon matériel sous le bras et une bonne dose d'amphétamines dans l'estomac et dans le sac. Et là j'étais super contente parce que j'ai réussi à tenir les 4 heures de cours.
Comme c'était le premier jour de la reprise, je pensais que le directeur qui est un grand peintre mais très vieux n'allait pas venir donc j'étais assez tranquille.
Pas de chance car lui aussi attendait la reprise et voilà que je le vois arriver et en plus comme il n'y avait pas beaucoup de monde il s'arrêtait à chaque chevalet pour commenter. Il faut préciser que ce prof a formé les plus grands peintres du moment et il est connu pour être redoutable.
Il s'arrête à coté de moi et il me fait pleins de compliments et d'encouragements pour la suite, en me glissant au passage qu'il voyait dans ce que je venais de faire que j'avais du caractère et pas forcément bon caractère... et il m'a offert un fil à plomb pour m'aider dans mon travail.
Ce prof est fascinant, chaque phrase avec lui, appelle à se poser des questions existencielles qui remettent en cause toutes les certitudes qu'on pouvait avoir 5 minutes avant. J'ai beaucoup de chance de pouvoir bénéficier de son enseignement mais comme il est vieux, je ne peux plus me permettre de rater ses cours, quite à aller dormir dans l'escalier quand je serai trop crevée, il faut que je vienne tous les samedis et tous les lundis.
Après s'être occupé de moi pendant un bon moment, il me demande ce que je faisais le lendemain matin. Et voilà comment dimanche matin je me suis retrouvée à poser pour le cours des maitres. Et alors là, je me suis vengée pour toutes les réflexions que je m'étais prise ces dernières années !
Normalement le modéle pose 20 minutes sans bouger parce que c'est super fatiguant. Et bien moi j'ai posé deux fois 1 heure sans arrêt et je refusais toutes les poses qu'on me proposait. Au début les peintres étaient contents d'avoir un modèle aussi pro mais au bout d'un moment je les voyais souffrir de ne pas avoir de pause.
j'ai vu mon portrait fait par un maitre que je n'achèterai pas parce que mon salaire annuel ne suffirait même pas. Mais bon ce peintre à noté que j'étais la rolls des modèles et souhaite m'embaucher pour des stages donc c'est cool en plus, j'ai trouvé du boulot.
Bon ce qu'ils ne savaient pas, c'est que les narcos dorment souvent les yeux ouverts et surtout je suis une pro de l'immobilisme, ben oui avec toutes mes paralysies, rester sans rien faire et sans bouger, c'est un jeu d'enfant...
Encore un bon côté de la narco!