A celui qui m'a sauvé la vie
Il y a quelques temps, j'ai mis cet article en ligne et quelques minutes après, j'ai reçu une tonne de mails , de sms, et de coups de téléphone de personnes que je ne connaissais pas parfois ou dont je n'étais pas au courant qu'elles lisaient mon blog régulièrement, qui s'inquiétaient de mon état psychologique suite à la parution de cet article. Je l'ai donc enlevé très vite. Je le remet en ligne aujourd'hui, parce que j'ai rêvé de cette personne cette nuit.
Je rêvais que je sortais de l'hopital ou on m'avait opéré pas pour la bonne chose ( rêve prémonitoire?) et je me retrouvais ensuite dans un salon d'hotel ou j'aidais pour une prise de vue quand ce garçon est entré et je me suis jetté dans ses bras en le voyant et ce matin, en me réveillant j'avais vachement envie de pleurer tellement j'avais été contente de le voir dans mon rêve, mais déçue que ce ne soit qu'un rêve.
Je suis complètement paumée. Je vais mal physiquement et moralement. Il entre et viens s'asseoir juste devant moi alors qu'il y a pleins de places ailleurs. Il me regarde. Il mange un pain au chocolat. Je sens que ce garçon d'une vingtaine d'années dégage quelquechose de très bon. Je suis dans mes pensées qui sont noires très foncées. Je sens son regard sur moi, il me fixe. Je le sais. Mon regard est dans le vide, je regarde parfois la pluie tombée contre la vitre. Je croise son regard sur moi sur le carreau et il détourne son regard quand il s'en aperçoit. Je suis en train de réfléchir à la meilleure façon de mettre fin à ses jours. je fais une liste de ce qui me parait possible dans mon cas. Le garçon me fixe toujours, il est timide mais je sens qu'il cherche à entamer une discussion.
- Vous êtes triste?
- Pourquoi j'en ai l'air?
- Oui. Il y a un truc dans votre regard.
- oui je suis triste.
Le voyage s'achève. Il se lève et me dit poliment au revoir. Je le suis car je suis arrivée. Il se retourne et insiste.
- je sens que vous êtes triste et c'est dommage. Pourtant je sais qu'il ne faut pas grandchose pour illuminer votre visage.
- c'est pas important. Depuis tout à l'heure je cherche comment me suicider. Vous être la dernière personne à voir mon sourire.
- Non, venez avec moi, on va parler, même 5 minutes.
Les controleurs me bloquent le passage et je mets un certain temps avant de retrouver mon billet.
A la sortie, le jeune inconnu est toujours là. Il m'attend. On se pose sur un banc. En moins de 10 minutes, je lui raconte tout, il me raconte brièvement sa vie et tente de me dissuader de commetre l'irréparable. je sais qu'il ne me lachera pas tant qu'il ne sera pas certain que je vais mieux.
Je sais qu'il n'est pas là par hasard, parce que je ne crois pas au hasard des rencontres. Il y a toujours une raison particulière mais à nous de chercher laquelle. Je savais même au moment ou il s'est assis devant moi qu'il allait me faire rater mon coup.
Il est attendu chez son psy. Il me montre une voiture a quelques pas de nous et me dit que la personne qui est dedans l'attend pour l'emmener, on échange nos numéros, il me fait promettre de ne rien faire de dangereux et d'attendre qu'il me rappelle après son rendez-vous.
Il a gagné, je rentre chez moi. Une heure après le téléphone sonne, c'est lui. Il est à la gare et cherche à s'assurer que je vais bien et que si jamais ça na va pas, il m'attend sur notre banc.
Je le rassure. Je vais mieux, grace à lui. Je ne reverrai peut-être jamais ce garçon, peut-être parce qu'il n'existe pas vraiment et qu'il est juste le fruit de mon imagination, peut-être qu'il sort encore tout droit de mes rêves ou d'une hallucination narcoleptique. Il y a son nom et son numéro dans mon téléphone, mais je n'ose pas appeler, de peur qu'il n'existe pas.
En tout cas, je ne pourrai jamais oublier ce garçon, son visage, son sourire, ses paroles, les larmes me viennent chaque fois que je pense à lui.
Il y a des rencontres qui changent le cours d'une vie, il lui a fallut moins d'une heure pour changer la mienne, pour que je puisse la continuer.
Je poste cet article et je lui envoie sans attendre un sms. Je vais bien ne vous inquiétez pas. Non Kitano je ne suis pas morbide.