Ma narco hyperactive
J'ai bossé tout l'après-midi hier sur ma formation parce que j'ai un retard terrible et j'étais complètement crevée hier soir mais motivée pour la tournée des SDF.
Pas de problème particulier, et plus beaucoup de SDF à visiter parce qu'il ne fait pas très froid en ce moment. On va continuer toute l'année quand même mais juste une fois par semaine et jusqu'à 23h seulement sauf en cas de problème.
Je me plais bien dans cette association et comme il n'y a que des bénévoles, il y a une énergie collective qui se dégage en permanence dont j'espère bien profiter pour me ressourcer. Pour l'instant je pompe ce que je peux récupérer et ça semble être bénéfique même si je risque de payer cher cette hyperactivité dans quelques temps.
C'est pas grave, en faire trop ne peux pas être plus dangereux que d'avaler des tonnes de médicaments qui de toute façon ne me tiennent pas assez éveillée. Vu le prix du traitement tous les mois, au moins qu'il serve à quelquechose d'utile.
Quand je suis fatiguée, je m'empêche de m'asseoir ou de rester sans rien faire. Je cours partout sans raison, enfin si avec une bonne raison, celle de m'empêcher de prendre le risque de laisser le sommeil gagner d'une façon ou d'une autre. On pourrait croire en m'observant que je gaspille le peu d'énergie que j'ai mais il n'en est rien, c'est le contraire. Mon comportement étonne mon entourage qui ne comprend pas trop.
Comment la larve de canapé que j'étais il y a quelques semaines peut elle être devenue l'inverse? Certains pensent que je suis guérie, ce qui bien sûr leur fait dire qu'ils avaient raison et que ma narco était juste le fruit de mon imagination.
Je sais malheureusement que c'est faux et cette théorie fut d'abord la mienne il y a deux ans quand je croyais que tout était dans ma tête et que j'allais guérir parce que j'en avais envie.
J'ai eu beaucoup de mal à accepter les mots du médecin qui tentait en vain de m'expliquer que mon cerveau n'était pas en état de fonctionner normalement et que j'aurai beau faire tous les efforts du monde ça ne changerait rien. La seule chose possible pour que j'aille mieux était que je me batte tout le temps contre le sommeil et surtout que j'accepte que cette maladie resterait toujours avec moi et qu'il fallait faire avec.
J'accepte aujourd'hui cette ennemie qui vit avec moi mais qui n'est pas moi alors comme dans tous les couples il y a des moments de tension, on peut dire qu'entre elle et moi il y a un léger froid entre nous ces derniers temps. Et même si je sais qu'elle va m'avoir à la longue et reprendre le dessus parce qu'elle est plus forte que moi, ça ne m'empêche pas en ce moment de lui faire savoir mon mécontentement et il va falloir qu'elle fasse quelques efforts pour gagner parce que j'ai pas envie de me faire écraser sans rien dire.
Chaque jour gagné contre elle est un jour qui me rapproche de celui ou on m'appellera pour me dire qu'il y a un nouveau traitement. Et tant que je suis encore vivante je peux garder espoir que ce jour arrive.
Mais si seulement il pouvait se speeder un peu je n'aurai rien contre!