GREVE DE LA FAIM
Hier dimanche, la journée commençait très mal. Couchée la veille à 23h, je n'ai ouvert les yeux une première fois qu'à 11 h30. Après une nuit de plus de 12 h, j'espérais au moins ne pas me recoucher de la journée.
Après un gros effort, je réussis néanmoins à quitter mon lit et pour ne pas être tenté d'y retourner, je m'attelai à la tâche en commençant par le ménage. Mais j'ai rien pu faire de plus. Sitôt terminé, je m'écroulais de fatigue, dormant jusqu'à 16 h; puis j'ai dû faire encore un très gros effort pour aller prendre une douche parce qu'il fallait que j'applique les crêmes aux hormones de mon acupunctrice ( mais normalement je suis sensée les mettre le matin ). Cet effort presque surhumain pour moi, malgré ma dose quotidienne d'amphétamines, m'a trop couté et voilà que je me réécroule dans le lit.
Vers 19 h, je tente de nouveau une sortie de ce lit qui semble ne plus pouvoir se passer de moi. Faire à manger me demande un très gros effort et je culpabilise vis à vis de mon copain parce que j'ai passé la journée à dormir. Sa tête me confirme que j'ai raison de culpabiliser, au bout d'un moment je finis par entendre un : si tu crois que c'est drôle ou tu dors ou tu fais la gueule!!! Je dors c'est vrai, mais je ne fais pas la gueule!!! C'est juste que c'est flippant de dormir toute le journée et de se lever hyper crevée après avoir ingurgité une dose d'amphétamines qui d'après les médecins empêcherait quelqu'un de normal de dormir pendant une semaine entière!!! Alors que moi j'ai juste l'impression d'avoir ingurgité des somnifères et qu'on vient de m' anesthésier!!!
Donc maintenant il peut dire que je fais effectivement la gueule !!!
Je retourne dans mon lit et je me tape une grosse déprime et je décide d'arrêter de faire des efforts. J'en ai marre de tout et de me battre contre la sécurité sociale, contre la cotorep et tout le reste. Depuis bientôt 2 ans je suis dans les démarches administratives et que ça ne mène à rien et bien je cesse ce combat. D'autant plus que je viens de m'apercevoir que mon 100% de la sécu va bientôt prendre fin et que je ne pourrai plus avoir gratuitement mon traitement à 850 euros par mois parce que j'ai bien l'impression qu'il y a encore eu un problème de paperasse entre le médecin et la sécu.
Je vais donc finir mes plaquettes de dexedrine et quand je n'en aurai plus, je resterai au fond de mon lit à attendre. Mais auparavant puisque lorsque je fais les démarches normales afin d'obtenir ce que de droit et que ça ne fonctionne pas et puisque tout le monde semble s'en foutre royalement; et bien je vais employer les grands moyens.
Pour ne pas avoir réussi à être entendue, je vais dans quelques semaines si les choses n'ont pas bougées: alerter le député maire de ma ville; alerter la presse, écrire au ministre de la santé, (c'est qui d'abord en ce moment ? ); avertir la sécurité sociale et la cotorep que j'entamerai une grêve de la faim et ce jusqu'à obtention de mes droits.
Cela ne me demandera pas d'efforts particuliers. Il suffit juste que je cesse de prendre mes amphétamines et ainsi mon corps cesse à ce moment de ressentir les besoins vitaux. C'est à dire je ne ressens ni la faim; ni la soif; ni le besoin de me rendre aux commodités. En plus étant une ancienne anorexique je connais mes capacités à cesser de manger. Je sais également qu'il ne faudra pas très longtemps avant de me retrouver en mauvais état. Pendant la canicule en 2003; je dormais tellement que j'ai dû être hospitalisée parce que personne n'avait pensé à me réveiller pour me faire boire. Ben oui comme les vieux !!!
Je ne pèse que 42 kgs et je sais que je suis déjà en dessous du poid de forme.
Je ne fais pas ça que pour moi; mais le but est de faire connaitre au grand public les difficultés rencontrées par les personnes atteintes de maladies rares; pas uniquement par les narcoleptiques. Peu importe le risque que je prend, il faut arrêter d'attendre et il faut agir. Ma santé est déjà en danger et tous ces combats que je mêne depuis 2 ans afin de faire reconnaitre mes droits ne servent à rien. J'ai assez perdu de temps comme ça. Mon action est murement réfléchie et j'y pense depuis un petit moment déjà. Il ne s'agit pas là d'un coup de tête. Il faut juste que je choisisse le bon moment pour agir. Je pense que juste avant les vacances d'été ce n'est peut-être pas le moment approprié, septembre me parait être plus judicieux.
Qu'en pensez - vous ?